Baladi

Danse traditionnelle populaire de Haute Egypte.

Le Baladi né vers le XVIIIème siècle qui signifie « populaire  » au sens large du terme commence à ouvrir de nouveaux horizons à la danse orientale en voyageant à la fin du XIXème siècle lorsque les ghawazi (danseuses professionnelles égyptiennes d’origine tzigane) franchissent les frontières orientales vers l’Occident.

Technique à part entière révélant la quintessence des traditions séculaires d’Egypte, le Baladi exprime toute la subtilité féminine bien que son style présente, de prime abord, un caractère principalement  » Terrien « .

Chorégraphié selon une écriture musicale précise et structurée, son prélude, joué par un musicien soliste, engendre fréquemment une mélodie plutôt mélancolique (Takasim) qui invite la danseuse à une interprétation empreinte d’émotion.

Bassin, hanches, buste, principaux acteurs de cette danse, s’harmonisent en enchaînements fluides et intenses ; à l’inverse du style Sharqi, les bras conservent une forme ronde, ils évoluent à proximité de la tête et du corps sans se développer de façon aérienne ; les déplacements de la danseuse, relativement restreints, s’exécutent souvent pieds plats dans un espace plutôt limité.

Les différentes phases musicales (Takasim, Tet Baladi, Maksoum….) évoluent vers une liesse progressive qui accélère la cadence de la danseuse. Tout en respectant le style originel, les mouvements et l’attitude continuent de révéler toute la richesse du Baladi Awwadi…

Sharqi

Forme contemporaine de la danse égyptienne

La danse égyptienne se dote d’un répertoire classique lorsqu’elle devient synonyme d’innovation.

Le style Sharqi doit ses sources d’inspiration aux danseuses de Baladi du XIXème siècle qui, lors de leurs périples au-delà de l’Egypte, intégrèrent à la danse certaines influences traditionnelles asiatiques, persanes et turques.

Plus tard, dans les années trente, le Sharqi connaît un regain d’énergie grâce à l’évolution musicale et au cinéma qui présente les films avec de célèbres danseuses comme Tahia Carioca et Samia Gamal. À présent, cette forme de danse est adaptée à de nombreuses occasions et connaît un franc succès lorsqu’elle est interprétée dans un contexte théâtral.

Une technique sophistiquée, raffinée qui privilégie une attitude élancée, un travail de buste en coordination avec une grâce particulière dans les mouvements de bras et la synchronisation des déplacements ; la danseuse (et/ou le danseur) évolue le plus souvent sur 1/2 pointes et joue de l’espace à sa guise sur une série de mélodies, Takasim, Tabla…

Selon la prédominance de l’instrument notamment lors du Takasim, la danseuse se permettra des variations de son choix, improvisées ou préalablement chorégraphiées ; par exemple, lors d’un solo de naî (petite flûte) dont la musicalité évoque plutôt la douceur, elle évoluera avec des mouvements légers voire aériens. À l’inverse, un solo de Tabla (percussions) sera plus propice à exécuter des tremblements, marquer des accents du bassin et du buste pour exprimer l’allégresse caractéristique de la danse orientale.

Voile

Utilisé sur un style de musique sharqi, la technique du voile offre multiples possibilités pour un travail ludique mais exige une rigueur afin qu’il virevolte dans l’espace avec élégance.

De même que l’analogie Baladi-Saaïdi-Sagats existe, c’est au répertoire Sharqi qu’il revient d’attribuer l’élégance du voile.

La danse orientale commence à fasciner les Etats-Unis, Hollywood apporte alors une influence prépondérante et novatrice dont l’art de la mise en scène ; c’est ainsi que naissent les chorégraphies de voile. D’ailleurs le cinéma égyptien dévoile dans les années trente une égérie de cette facette de la danse orientale, Samia Gamal ; en effet lors de ses représentations (toujours diffusées de nos jours), elle utilise très souvent le voile pour ses entrées en scène.

Ballets de volutes simples ou exercices de style élaborés, les possibilités de faire danser le voile sont multiples et accessibles à tous niveaux.
Cependant, au-delà de la technique de base, il est nécessaire de privilégier deux aspects fondamentaux pour libérer toute la fluidité du voile et qu’il devienne l’attrait principal : canaliser ses énergies en adéquation avec le développement d’un travail postural du buste, des bras et de la tête.

Canne Saaïdi

Inspiré du Tahtib (technique de combat du Saïd que les hommes pratiquaient avec une canne), le Saaïdi a été repris par les femmes qui mimaient les hommes et l’ont adapté en technique de danse spécifique.

Originaire de Haute Egypte, le rythme Saaïdi était utilisé pour la pratique du Tah-Teeb (art martial) dont la particularité réside dans la manipulation de longs bâtons par les hommes ; dans un autre registre, la danse des étalons pur-sang arabe était exécutée sur le Saaïdi.

Cette musique s’associe volontiers au style Baladi dans la mesure où le rythme, l’histoire et la danse évoquent un caractère populaire, traditionnel et “Terrien”.

La technique se féminise, les lourds bâtons se transforment en fines cannes à partir du moment où les danseuses commencent à parodier leurs homologues masculins ; les jeux de canne deviennent sources de chorégraphies ludiques tout en respectant l’entité musicale, esthétique et culturelle.

Le répertoire Saaïdi offre de multiples variations pour un travail de solistes, duettistes et/ou collectif.

L’interprétation féminine n’exclut pas pour autant l’expression originelle masculine, bien au contraire, les chorégraphies présentées aujourd’hui par de nombreux danseurs préservent toute l’authenticité du Saaïdi.

Sagats (petites cymbales métalliques)

Sagats

Les ghawazis utilisaient les sagats lors de leurs représentations ; De nombreux rythmes codifiés sont enseignés et demandent un travail spécifique qui implique une coordination musicale et chorégraphique.

Les artistes peintres imprégnés et passionnés de culture orientale consacrèrent de nombreuses œuvres à la reproduction des Ghawazi (danseuses professionnelles égyptiennes d’origine tzigane) ; les gravures décrivent les danseuses vêtues de somptueux costumes traditionnels et munies de petites cymbales en cupronickel qu’elles manipulent du bout des doigts tout en dansant.

Comme tout peuple nomade les Ghawazi connaissent un parcours qui leur confère un statut marginal, à l’inverse des Almées (chanteuses professionnelles) considérées par la société égyptienne.

Après avoir connu des heures de gloire sous la IVème dynastie, les Ghawazi furent exilées du Caire entre 1834 et 1866; depuis les rives du Nil, les places publiques jusqu’aux fastueuses cérémonies privées et Mouled (fêtes religieuses populaires), elles intégrèrent la rythmique des Sagats dans leur danse.

Un travail spécifique d’isolations permet d’harmoniser la danse et de jouer des sagats en même temps. Il s’agit également d’apprendre à développer sa propre perception musicale, riche d’enseignements pour la danse orientale dans son ensemble.

Les structures rythmiques des sagats ne s’improvisent pas sur toutes musiques et sont préalablement définies ; ainsi parmi les plus connus, le rythme masmoudi étudié en cours pour débutants et avancés permet déjà d’interpréter des enchaînements harmonieux et ludiques.

Arabo Andalou

La symbiose du flamenco et de la danse orientale libère les émotions, sublimées par les attitudes et les expressions.

L’interprétation technique et musicale amène le danseur à se transcender par le jeu frénétique des enchainements du Tarab et del Duende